Lors des contrôles, les policiers se font de plus en plus souvent traiter de tous les noms !
BRUXELLES Le constat est là. Triste mais hélas bien réel. Pas un jour ne passe sans qu'un policier ne soit insulté, injurié, voire même frappé. "C'est un phénomène général de la société. Le respect n'est plus une chose primordiale", commente le porte-parole de la zone Bruxelles- Ouest qui comprend les communes de Molenbeek, Ganshoren, Jette, Koekelberg et Berchem-Sainte-Agathe. "Il y a un estompement des normes. Même un uniforme n'inspire plus le respect."
Dans la rue, le résultat est là. Régulièrement, lors de leurs interventions, les policiers sont traités comme des moins que rien. "Fils de p..., Sale flic, pour qui tu te prends ?, tu n'as donc rien d'autre à faire ?" Des insultes qui sont pourtant d'une banalité affligeante pour les policiers.
Les suspects interpellés en rue à qui il est simplement demandé parfois de montrer leur carte d'identité se rebiffent. "Je ne vois pas pourquoi on devrait lui montrer nos papiers", nous dit un jeune que nous avons croisé en rue. Euh, parce qu'il est de la police et qu'il le demande. Nous avons eu droit, nous aussi journaliste, aux insultes..., nous traitant d'amis de policiers... Et franchement, se faire insulter n'est pas très agréable. On imagine alors ce que l'agent doit ressentir alors qu'il représente la loi, l'autorité...
Et encore, là, ce sont les mots... On ne parle pas des cas de rébellion, des coups portés aux inspecteurs, et même des morsures ! "L'an dernier, nous avions eu 678 dossiers de ce type : 337 pour outrages, 341 pour rébellion. C'était le double de l'année précédente", nous confie le porte-parole de la police de Bruxelles-Capitale-Ixelles. Et cette année ? "Nous en sommes déjà à 352 !" Le triste record sera battu.
"C'est vrai, les statistiques augmentent chaque année", confirme le porte-parole de la zone Ouest. "L'an dernier, nous avions eu 192 dossiers de rébellion. En 6 mois, nous sommes déjà à 113 !" Idem pour les outrages. "132 faits en 2006, 68 pour le premier semestre."
Aucune commune ne semble épargnée par le phénomène. Les policiers de Saint-Gilles, Anderlecht et Forest sont logés à la même enseigne : 200 rébellions en un an et 167 outrages. "Et cette année, déjà 97 rébellions et 106 outrages", nous confirme la porte-parole. À l'aéroport, c'est la même chose. "Les insultes pleuvent, les gens ne supportent pas qu'on leur dise qu'ils ne peuvent pas stationner devant l'entrée."
Emmanuelle Praet
© La Dernière Heure 2007
BRUXELLES Le constat est là. Triste mais hélas bien réel. Pas un jour ne passe sans qu'un policier ne soit insulté, injurié, voire même frappé. "C'est un phénomène général de la société. Le respect n'est plus une chose primordiale", commente le porte-parole de la zone Bruxelles- Ouest qui comprend les communes de Molenbeek, Ganshoren, Jette, Koekelberg et Berchem-Sainte-Agathe. "Il y a un estompement des normes. Même un uniforme n'inspire plus le respect."
Dans la rue, le résultat est là. Régulièrement, lors de leurs interventions, les policiers sont traités comme des moins que rien. "Fils de p..., Sale flic, pour qui tu te prends ?, tu n'as donc rien d'autre à faire ?" Des insultes qui sont pourtant d'une banalité affligeante pour les policiers.
Les suspects interpellés en rue à qui il est simplement demandé parfois de montrer leur carte d'identité se rebiffent. "Je ne vois pas pourquoi on devrait lui montrer nos papiers", nous dit un jeune que nous avons croisé en rue. Euh, parce qu'il est de la police et qu'il le demande. Nous avons eu droit, nous aussi journaliste, aux insultes..., nous traitant d'amis de policiers... Et franchement, se faire insulter n'est pas très agréable. On imagine alors ce que l'agent doit ressentir alors qu'il représente la loi, l'autorité...
Et encore, là, ce sont les mots... On ne parle pas des cas de rébellion, des coups portés aux inspecteurs, et même des morsures ! "L'an dernier, nous avions eu 678 dossiers de ce type : 337 pour outrages, 341 pour rébellion. C'était le double de l'année précédente", nous confie le porte-parole de la police de Bruxelles-Capitale-Ixelles. Et cette année ? "Nous en sommes déjà à 352 !" Le triste record sera battu.
"C'est vrai, les statistiques augmentent chaque année", confirme le porte-parole de la zone Ouest. "L'an dernier, nous avions eu 192 dossiers de rébellion. En 6 mois, nous sommes déjà à 113 !" Idem pour les outrages. "132 faits en 2006, 68 pour le premier semestre."
Aucune commune ne semble épargnée par le phénomène. Les policiers de Saint-Gilles, Anderlecht et Forest sont logés à la même enseigne : 200 rébellions en un an et 167 outrages. "Et cette année, déjà 97 rébellions et 106 outrages", nous confirme la porte-parole. À l'aéroport, c'est la même chose. "Les insultes pleuvent, les gens ne supportent pas qu'on leur dise qu'ils ne peuvent pas stationner devant l'entrée."
Que faire ? Dresser procès-verbal à chaque écart est hélas la seule possibilité. Le policier n'est pas là pour apprendre aux personnes qu'il contrôle les règles de politesse. Peut-être qu'une mise à disposition du parquet, se terminant au mieux par une transaction financière, au pis par un séjour dans une prison, fera réfléchir...
Emmanuelle Praet
© La Dernière Heure 2007
