Cédric Dubois, reconverti à l'islam, estime qu'il n'a pas été engagé à cause de sa religion
ETTERBEEK Pourquoi Cédric Dubois, un jeune homme de 25 ans, n'a-t-il pas été embauché comme caissier-réassortisseur dans un supermarché d'Etterbeek ? "Parce que je me suis reconverti à l'islam, que ma femme est marocaine et que je porte la barbe", assure Cédric. "Pas du tout" rétorque le gérant du supermarché qui a accepté de donner son point de vue. "Il n'était pas du tout souriant et était lymphatique. Vous savez, dans un commerce, il est important d'être souriant, avenant face à la clientèle et ce n'était pas du tout le cas."
Mais pour Cédric, son visage strict n'a rien à voir avec son échec. "J'avais vu l'annonce dans le Vlan. Il était précisé qu'il fallait envoyer par e-mail son CV et sa photo. Je n'ai pas envoyé la photo, je savais qu'elle allait me desservir." Suite à une réponse positive, Cédric s'est présenté hier matin. "J'étais bien habillé et j'avais taillé ma barbe." Cédric a reçu un questionnaire. "Sur la première page, j'ai dû inscrire mes coordonnées et puis des informations sur mon épouse." Asmae est marocaine. "Je l'ai indiqué et j'ai continué à remplir le document. Je l'ai rendu." Les choses se sont passées très rapidement. "Il m'a interrogé sur ma reconversion, sur ma femme, sur ma barbe." Ce que confirme l'intéressé. "Je lui ai demandé de tailler sa barbe de manière impeccable." Pour Cédric, c'était déjà le cas. "Il m'a demandé si je comptais prier sur place, je lui ai répondu que non, que je le ferais à la maison", précise Cédric. "Et puis, il m'a dit que je ne convenais pas, que je ne correspondais pas à ce qu'il cherchait, les clients pouvaient être effrayés." Considérant cette honnêteté comme du racisme, Cédric a déposé plainte à la police.
"Ah, c'est trop facile", s'écrie le gérant. "Trop facile et gratuit de me traiter de raciste. Lors de notre entretien, il n'a pas montré beaucoup de motivation. Je vois en moyenne 700 à 800 candidats par an, je sais tout de même si une personne correspond ou pas. Et lui ne convenait pas. L'envie de travailler n'y était pas. Ni le sourire. Je voulais bien l'engager en tant que magasinier mais pas à la vente, où là, il faut soigner le client", rétorque-t-il en précisant qu'il a engagé beaucoup d'employés d'origine étrangère sans aucune restriction.
Emmanuelle Praet
© La Dernière Heure 2007
ETTERBEEK Pourquoi Cédric Dubois, un jeune homme de 25 ans, n'a-t-il pas été embauché comme caissier-réassortisseur dans un supermarché d'Etterbeek ? "Parce que je me suis reconverti à l'islam, que ma femme est marocaine et que je porte la barbe", assure Cédric. "Pas du tout" rétorque le gérant du supermarché qui a accepté de donner son point de vue. "Il n'était pas du tout souriant et était lymphatique. Vous savez, dans un commerce, il est important d'être souriant, avenant face à la clientèle et ce n'était pas du tout le cas."
Mais pour Cédric, son visage strict n'a rien à voir avec son échec. "J'avais vu l'annonce dans le Vlan. Il était précisé qu'il fallait envoyer par e-mail son CV et sa photo. Je n'ai pas envoyé la photo, je savais qu'elle allait me desservir." Suite à une réponse positive, Cédric s'est présenté hier matin. "J'étais bien habillé et j'avais taillé ma barbe." Cédric a reçu un questionnaire. "Sur la première page, j'ai dû inscrire mes coordonnées et puis des informations sur mon épouse." Asmae est marocaine. "Je l'ai indiqué et j'ai continué à remplir le document. Je l'ai rendu." Les choses se sont passées très rapidement. "Il m'a interrogé sur ma reconversion, sur ma femme, sur ma barbe." Ce que confirme l'intéressé. "Je lui ai demandé de tailler sa barbe de manière impeccable." Pour Cédric, c'était déjà le cas. "Il m'a demandé si je comptais prier sur place, je lui ai répondu que non, que je le ferais à la maison", précise Cédric. "Et puis, il m'a dit que je ne convenais pas, que je ne correspondais pas à ce qu'il cherchait, les clients pouvaient être effrayés." Considérant cette honnêteté comme du racisme, Cédric a déposé plainte à la police.
"Ah, c'est trop facile", s'écrie le gérant. "Trop facile et gratuit de me traiter de raciste. Lors de notre entretien, il n'a pas montré beaucoup de motivation. Je vois en moyenne 700 à 800 candidats par an, je sais tout de même si une personne correspond ou pas. Et lui ne convenait pas. L'envie de travailler n'y était pas. Ni le sourire. Je voulais bien l'engager en tant que magasinier mais pas à la vente, où là, il faut soigner le client", rétorque-t-il en précisant qu'il a engagé beaucoup d'employés d'origine étrangère sans aucune restriction.
Emmanuelle Praet
© La Dernière Heure 2007